Résumé

L’information est de plus en plus abondante et d’un accès facilité par les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Pour les entreprises, le défi consiste à disposer des bonnes informations au bon moment, afin de pouvoir agir, réagir et décider rapidement avec des informations fiables et de qualité. Or, l’exploitation systématique des informations, appelée communément « veille » ne peut pas se faire au hasard, mais repose sur deux éléments clés : la connaissance et la maîtrise des diverses sources d’information et une organisation collective de gestion et de partage de l’information au sein des l’entreprise.

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Veille technologique : guide des bonnes pratiques en PME/PMI
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Le guide se veut une aide pragmatique tout particulièrement destinée aux PME/PMI. Il montre au travers de 10 recommandations que la veille, activité que l’on croyait réservée aux grandes entreprises, est out à fait envisageable pour les PME/PMI. En partant d’une analyse des pratiques informationnelles de l’entreprise, cet ouvrage vous guidera lors de la mise en place d’actions simples visant l’optimisation d’une démarche de veille.

Ce guide est le résultat de concertations et d’échanges au niveau européen, basées sur l’étude de PME/PMI ayant relevé le défi de mettre en place une organisation de veille.


TABLE DES MATIERES

-  AVANT PROPOS

-  INTRODUCTION

-  LES 10 COMMANDEMENTS POUR UNE BONNE PRATIQUE DE LA VEILLE DANS LES PME/PMI

  • Assurez-vous de la volonté et de la conviction des dirigeants de l’entreprise
  • Analysez le niveau des pratiques informationnelles dans l’entreprise
  • Analysez les mécanismes de diffusion de l’information dans votre entreprise
  • Définissez et formalisez vos besoins en information
  • Sensibilisez et impliquez le personnel concerné à la valeur de l’information
  • Diversifiez vos sources d’information
  • Exploitez systématiquement les sources d’informations formelles
  • Organisez la collecte de l’information informelle dans votre société
  • Souciez-vous de la protection de vos informations
  • Faites appel à des professionnels de l’information

-  PROJET REVEIL. ETUDES DE CAS

  • Présentation du projet
  • Présentation des partenaires et études de cas
    • The Polytechnic University of Catalonia (UPC)
    • Etude de cas de l’UPC : Ecotecnia
    • Centre de Veille Technologique (CVT) du CRP Henri Tudor
    • Etude de cas du CVT : Boulangerie Z.
    • IMPIVA
    • Etude de cas de IMPIVA : Naber S.A.
    • Centre de Recherches Rétrospectives de Marseille (CRRM)
    • Etude de cas du CRRM : Pétronaphte

-  ANNEXE 1 : INFORMATION FORMELLE

-  ANNEXE 2 : INFORMATION INFORMELLE

-  ANNEXE 3 : CIRCULATION DE L’INFORMATION

-  ADRESSES UTILES

-  BIBLIOGRAPHIE


AVANT PROPOS

Dans les années soixante où j’ai fait mes débuts dans l’industrie sidérurgique, introduire dans un site de production une méthode opératoire développée par un autre site, était ressenti par le donneur de know-how comme un triomphe, et par celui qui le recevait comme une humiliation, en quelque sorte comme une négation de ses propres valeurs. Cet état d’esprit avait comme conséquence que les échanges entre des sites de production appartenant à une même entreprise se réduisaient au strict minimum.

Un tel comportement reflète bien la mentalité de l’époque, qui s’inscrivait dans le paradigme des golden sixties. Même s’il soulève toujours des nostalgies, le paradigme doit être défini comme étant celui du gaspillage de l’énergie et des ressources non renouvelables de la terre, du non-respect de l’environnement, de l’industrialisation se poursuivant sans aucune contrainte et, il faut bien l’avouer, de l’arrogance du producteur face à l’humilité du client.

Depuis lors, un certain nombre de mutations ont eu lieu dans les milieux industriels, dont notamment l’internationalisation et la globalisation des échanges. Aujourd’hui, on attribue ce phénomène à la facilité avec laquelle on peut faire circuler l’information, assurer les transports, transférer les capitaux et utiliser le savoir-faire.

Ce processus de concentration et de globalisation actuel est lié au fait que les marchés de nos sociétés ne sont plus suffisamment porteurs. En effet, l’économie des pays industriels s’apprête à passer à l’ère post-industrielle, caractérisée par une demande de consommation stable, le besoin de remplacement étant le principal moteur de la demande. Que faut-il donc faire pour rester compétitif ? Il n’y a qu’une seule réponse à cette question : innover ; se démarquer de sa concurrence par la création de nouveaux produits, services et marchés.

Par ailleurs, le développement des activités de services lors des vingt dernières années témoigne d’emblée du fait que l’immatériel est au coeur des questions qui se posent aux entreprises, tant du point de vue opérationnel que stratégique. Ainsi, la réalisation de projets d’amélioration, le transfert de connaissances, l’échange de know-how, la vente de know-how sont quelques exemples d’activités susceptibles de contribuer aujourd’hui de façon significative à la création de valeur dans les entreprises. Ceci nous suggère que les entreprises doivent accorder aussi bien des ressources aux actes pré-et post-productifs, qu’à la seule production stricto-sensu.

La compétitivité des entreprises est aujourd’hui basée sur leur capacité à se différencier par rapport aux concurrents. Cette capacité ne sera rendue possible que par une appropriation de savoirs et de compétences. Les entreprises qui y parviendront le mieux seront celles qui auront la capacité de transformer rapidement l’information en connaissance. L’entreprise compétitive de demain devra nécessairement passer par une gestion globale des connaissances qui l’entourent et maîtriser le processus de création d’intelligence favorable à son développement.

La particularité du présent guide tient à son côté interactif et très pragmatique. Celui-ci a en effet été élaboré à partir d’études de cas en PME/PMI, en tenant compte des contraintes inhérentes à cette catégorie d’entreprises. Son grand avantage réside dans le fait qu’il propose des mesures concrètes et simples, destinées à rendre abordables à des PME/PMI certaines techniques de gestion, qui jusqu’à présent se pratiquaient presque essentiellement dans les grandes entreprises. D’aucuns prétendrons qu’entreprendre de telles démarches demande trop de temps ou de moyens pour une petite structure, ce qui à mon sens n’est certes pas totalement faux mais il faut plutôt mesurer ce que peuvent rapporter l’adoption de bonnes pratiques qui souvent ne requièrent que des modifications légères dans l’organisation journalière du travail. Ce n’est que par une maîtrise intelligente de son environnement, notamment informationnel, que les entreprises européennes pourront rester innovantes et donc compétitives par rapport à celles d’autres contrées.

Fernand Wagner
Président de la Direction du groupe ARBED